Avec
le lancement des premières stations de radiodiffusion dans les années
20, chaque pays, en fonction de ses institutions ou de l'autorité
politique, choisit d'étatiser ce nouveau moyen d'expression ou de le
laisser libre. Si la question ne se pose pas dans les pays
totalitaires, comme la Chine ou l'Union Soviétique, où la radio est une
affaire d'Etat aux mains du pouvoir, elle aura des réponses diverses
dans les pays occidentaux. Aux USA, pays de la liberté d'entreprendre,
il n'existera pas, pendant très longtemps, de secteur public. Des
centaines de radios vont y naître dans les années 20 et 30. En Europe,
des pays comme l'Angleterre optent pour une radio d'Etat (la BBC) mais
indépendante du pouvoir politique, d'autres comme l'Allemagne avec, la
montée du nazisme, choisiront une radio porte-voix du pouvoir. En
France, le législateur va hésiter durant 20 ans entre " radio d'Etat "
ou " radio privée " et il va donc laisser cohabiter les deux secteurs.
Au début des années 20, les deux premières radios à émettre à Paris
seront une radio d'Etat (Poste de la Tour Eiffel) et une radio privée
(Radiola). Il en sera de même dans les grandes villes françaises. Les
radios privées seront dans un premier temps tolérées avec un régime
d'autorisation puis à la fin des années 20, plus aucune nouvelle
création ne sera acceptée. La création des radios d'Etat ne se fera pas
en fonction d'une politique réfléchie mais au gré des dynamismes locaux.
Dès le début, les radios
d'Etat sont confiées à l'Administration des PTT. On n'emploie pas
encore le terme de "radio du service public" qui ne se substituera au
terme "radio d'Etat" que dans les années 80.
A Paris, la première à
émettre en 1922, est le " Poste de la Tour Eiffel ". Il a été lancée par
l'armée, mais rejoindra bien vite le giron des PTT. En 1923, cette
administration va lancer " Paris PTT ".
Le "Poste Colonial", ancêtre
de RFI, est lancé en 1931 avec des émetteurs Ondes courtes à
destination des colonies.
L'état nationalisera
également en 1935 la principale radio privée, "Radio Paris" pour en
faire le troisième programme national. Ce schéma de 3 radios nationales
et une radio internationale sera maintenu encore 50 ans plus tard.
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Les radios d'Etat en région
"Paris
PTT" aura des équivalents dans les grandes villes de province : " Lyon
PTT " (appelée aussi Lyon la Doua), " Marseille PTT " (qui deviendra "
Marseille Provence "), " Radio PTT Nord " à Lille, " Bordeaux Lafayette
", " Limoges PTT ", le " Poste Alpes Grenoble ",
"Montpellier-Languedoc", " Strasbourg PTT " et le dernier lancé en
1936, " Nice PTT " qui deviendra " Nice Côte d'Azur ".
Il n'y a pas, à l'époque, de
diffusion par satellite ou de décrochages efficaces, aussi, chaque
station régionale possède une grille de programme complète. Mais peu à
peu, grâce à la mise en place d'un centre de modulation, des émissions
communes pourront être diffusées en même temps. Le Journal
d'information national sera retransmis par exemple sur chaque station
régionale depuis Paris. La particularité des ondes moyennes fait aussi
que chacune de ces stations peut avoir une audience nationale et couvre
une bonne partie du territoire, d'où leur classement en "radios
nationales".
A la fin des années 30, on
assiste à une plus grande centralisation de la radio d'Etat, car la
France doit parler d'une même voix face aux radios de propagande nazies.
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Concentration pour un
meilleur contrôle de la radio d'Etat durant l'occupation.
Avec
l'occupation allemande, il est mis fin aux émissions régionales sur les
postes d'Etat. Les émetteurs locaux peuvent néanmoins parfois décrocher
pour quelques informations locales de
service. Dans la zone Nord, la seule radio autorisée est " Radio Paris
" aux mains des nazis. Mais l'occupant laisse néanmoins une radio
régionale en Bretagne, qui, elle aussi, doit servir sa cause. Dans la
zone Sud, la Radiodiffusion Nationale a son siège à Vichy, mais les
émissions peuvent être réalisées dans les studios des anciennes
stations des PTT, en particulier à Marseille.
A la Libération en 1944, le
nouveau pouvoir politique fera enfin un choix clair : la radio privée
ne sera plus autorisée sur le territoire et seule la radio d'Etat
bénéficiera du monopole de radiodiffusion.
SELECTION
DE
LIVRES SUR L'HISTOIRE DES RADIOS PRIVEES D'AVANT GUERRE :